Comment as-tu trouvé du temps pour écrire ton roman ?

Ha ha ha ha.

(Dixit, d'une voix plus fluette que son physique tout en cornes, en griffes et en queue fourchue ne le laisserait supposer, le diable avec qui j'ai passé un pacte - je suis éternellement damnée.)

En vrai, le diablotin en question m'a avoué qu'il avait zéro pouvoir en la matière, mais je suis toute disposée à partager mes secrets de fabrication avec vous.

Quelques heures avant que ne se produise le déclic, j'aurais pu jurer que l'écriture n'était plus compatible avec mon job, ma famille, mes enfants, les heures de sommeil nécessaires au bon fonctionnement de mes organes vitaux et le processing quotidien de l'information comme quoi l'humanité trouve chaque jour de nouvelles façons de courir un peu plus vite vers sa putréfaction.

Le déclic ayant eu lieu (vous avez vu mon post sur la série Arcane ?), répondre à l'injonction de dénicher 3 à 4 heures dans une journée pour écrire est devenu un objectif primordial.

Voici donc mes trucs et astuces en mode "gourou du bien-être quand on veut écrire un livre" (mais qui, si on ne fait pas attention, pourraient bien faire fuir l'être aimé).

I. Changer de job

Quand on bosse dans le même domaine et dans la même boîte pendant trop longtemps, il y a une accumulation de "trucs à faire" et de "trucs auxquels penser" qui s'empilent dans notre tête et l'empêchent de se concentrer sur autre chose, même quand on sort de notre bulle professionnelle, et y compris de manière inconsciente. Faire le test du "à quoi je pense pendant que je prends ma douche" est une bonne manière de se rendre compte d'à quel point on est atteints.

J'ai donc décider de faire un reset en cherchant à changer de boulot. Et la démarche a suffi à envoyer un message à mon cerveau pour qu'il se rende compte que réfléchir à comment optimiser le rendement d'un serveur de streaming multiformats à haut-débit pendant qu'on se shampooine ce n'est pas ce qui va nous rendre le plus heureux.

La démarche a abouti après la rédaction du roman, comme quoi, c'était vraiment dans ma tête.

Postive side effects : j'ai changé de boulot.

II. Organiser la confection des repas

Même si M. Valery-Ravera s'occupe de la gestion d'un nombre conséquents de tâches liées à la bonne marche du foyer, il y a tout de même un minimum à faire de mon côté - et s'assurer qu'on ne se nourrit pas de conserves et de surgelés pendant toute la semaine fait partie de mon mandat.

La solution que j'ai trouvée, digne des plus pointus des influenceurs des temps modernes, s'appelle : le batch cooking.

Aka je me bloque trois heures chaque week-end pour pré-préparer un max de plats: découper des légumes, assembler des sauces, précuire ce qui peut l'être et parce qu'il faut être pragmatique, élaborer un menu hebdo qui incorpore aussi un ou deux repas ne demandant pas beaucoup plus que de faire cuire des pâtes. Grâce à ça, les repas du soir sont pris dans les temps et on s'accapare quelques précieuses minutes de rab.

Positive side effects : on mange plus équilibré et on gaspille moins.

III. Offrir pour Noël un jeu vidéo en split-screen à son mari et à son fils

Baldur's gate III est devenu mon nouveau jeu préféré même si je n'y ait jamais joué. Je me suis offert des soirées entières de tranquillité avec zéro culpabilité.

Positive side effects : resserrage des liens entre le papa et le fiston (malgré les engueulades sur qui a le droit de looter tel ou tel coffre).

IV. Arrêter de se lamenter sur l'état du monde

Et commencer pour cela à stopper cet afflux d'informations anxiogènes et désespérantes qui nous envahissent et nous pourrissent le cerveau. Quand ce trop-plein d'infos conduit à inciter à se replier sur soi-même et à noircir l'image qu'on a de son prochain, une prise de recul est salutaire et permet de rediriger son énergie vers quelque chose de plus productif.

Positive side effects : je reste dans l'idée d'aller voter à chaque élection.

V. Faire des choix concernant les activités annexes

Vous pensiez réellement qu'il était possible de s'en tirer gratuitement sans toucher à ses loisirs ?

Que nenni.

Moins de binge watching de séries (de toute façon, je suis arrivée à l'âge où je m'endors devant), moins de lecture, moins de soirées jeux de plateau, moins de temps passé à aligner des bonbons sur son smartphone. Le bilan de production d'endorphines reste largement positif.

Positive side effects : tout a un meilleur goût quand on s'y remet après une période d'abstinence.

VI. Halte à la procrastination

Mon dieu que ce post est en train de devenir sérieux...

Mais c'est une réalité : avoir un objectif précis auquel on tient oblige à s'organiser pour se vider la tête le plus rapidement possible afin de pouvoir la remplir de nouveau avec quelque chose qui a plus de valeur. Et rien de mieux pour cela que d'exécuter une tâche aussitôt qu'elle nous tombe dessus.

Positive side effect : je n'ai jamais été aussi efficace dans ma vie que depuis que j'ai recommencé à écrire.


Voilà tout ce que j'ai mis en œuvre pour que voient le jour les deux tomes des Gestes malhabiles du chevalier Anowan - 150k mots, 800k caractères rédigés en grande majorité entre novembre 2024 et mai 2025 et un peu chaque jour entre 21h et 1h du matin.

Il faut reconnaître que ça n'a pas été facile tous les jours pour mon entourage et je suis extrêmement reconnaissante à Mr, Jr et Jrette de s'être adaptés à la situation. C'est une chance et un privilège de vivre dans un environnement compatible avec une passion aussi prenante.

Big up à eux.


Parution officielle le 2 mars 2026.

En précommande ici: La geste improvisée du chevalier Anowan - préco

Share
Ce contenu a été publié dans La geste, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *