Peut-on aimer à la fois...

Le 24ème Caprice de Paganini et Gimme More de Britney Spears ? What if de Fredrika Stahl et Pop corn de Hot Butter? Que sera de Wax Taylor et Prévu pas prévu de Milk, Coffee and Sugar? Layla d’Eric Clapton et Shadows of Death de Rhapsody ? Fuck U d’Archive et Belle de Notre-Dame-De-Paris ? Iron de Woodkid et Nemo de Nightwish? Gained the world de Morcheeba et Lollipop de Mika ? Le chat botté de Fersen et It’s gonna be me des N’Sync? L’iditenté des Têtes Raides et Dulcissima de Corvus Corax ? Nantes de Beirut et Là où je t’emmènerai de Florent Pagny ? Paradise Circus de Massive Attack et Your eyes de Cook da books ? Make me wanna die des Pretty Reckless et La déclaration de Debout sur le Zinc? Resistance de Muse et Big in Japan d’Alphaville ? Karma Police de Radiohead et Ma France à moi de Diam’s ? Quatre murs et un toit de Bénabar et Khabi Khushi Khabi Gham de Lata Mangeshkar ?

Oui, on peut.

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Quel est selon toi le juste prix d’un livre numérique ?

Depuis que j’ai mis un pied (ou plus exactement un demi-orteil) dans le métier du livre en commercialisant mes écrits à la fois sous forme d’exemplaires papier et de versions numériques, je me suis retrouvée pas loin des premières loges pour assister au boum de ces dernières. Le boum est tout relatif, mais il a le mérite d’exister et a conduit plusieurs de mes prospects à poser la question susmentionnée. Je rassemble ici les réponses que j’ai pu y apporter dans divers forums (le rassemblement, c’est quand même le but d’une FAQ !).

Histoire de partir d’une base un peu concrète, je vais commencer par citer quelqu'un qui a l'air de s'y connaître sur la répartition des coûts liés au livre papier:

"Sur [un livre à] 10 euros, l’auteur touche 1 €, l’éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure), l’imprimeur 1,50 € (pré-presse - qui peut aussi être réalisé par le service de fabrication de l’éditeur - achat du papier et impression), le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 € et le libraire 3,80 €. L’Etat récolte quant à lui 0,50 € de TVA."

Enlevons l'imprimeur et le libraire pour passer au numérique (le diffuseur, dans ce cas, peut être un Amazon, qui touche aussi son dû). On passe de 10€ à 4,50€, avec une TVA à 7%. 10€, c'est plutôt le prix d'un poche. Au départ, un bouquin sort généralement en grand format aux alentours de 20€, soit le double de tout ce qu'on vient de dire. En moyennant, en supposant qu'on vend plus de livres à 10€ qu'à 20€, et en touillant à la louche, on arriverait à un juste prix dans les 6€ pour un livre numérique, en voulant conserver peu ou prou ce que gagnent les différents acteurs encore dans la course.

Est-ce acceptable? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que le quidam s'attend plutôt à payer moitié moins. Et on en revient à la question du modèle de répartition et de ce que peuvent espérer gagner les différents acteurs du marché.

Car il faut quand même reconnaître que la numérisation des livres implique également la possibilité d'une réplication sans contrôle d'une œuvre. Vous voyez où je veux en venir? Oui, à la question des droits d'auteur. Plusieurs constatations:

- les usagers du 2.0 n'aiment pas les DRM. Dès qu'ils voient l'ombre de la queue d'une, ils s'empressent d'aller télécharger le soft qui leur permettra de la neutraliser. Limite, ça va les inciter à faire des copies et à les distribuer au tout-venant.

- le lecteur lambda qui accepte de payer 8-10€ un poche et 15-20€ un hard cover ne conçoit pas de débourser la même chose pour un epub ou un pdf. Parce que dans sa tête, le coût de production est nul. Pas évident d'imaginer ce que ça a pu coûter à l'auteur, qui fait le même job quel que soit le support qui va abriter le produit de ses nuits blanches.

- avec le numérique, nous sommes tous des auteurs en puissance. Moi y compris. Plus besoin d'un éditeur qui va venir s'occuper de la logistique, de la promo, de la distribution, et qui va prélever sa dîme sur les bénéfices. Enfin, ça, c'est la théorie. Parce qu'avec l'explosion de l'offre, on devient invisible. Même pour notre public cible. Au final, après avoir pris le bouillon noyés dans la masse, on se dit qu'il l'aurait peut-être méritée, sa dîme, l'éditeur.

C'est là que l'un d'entre vous, qui avait commencé à trépigner d'impatience depuis quelques lignes déjà, va se lever pour dire: « Et la musique? C'est tout pareil, la musique, et avec des plateformes de téléchargement légales qui vendent le morceau à un prix de plus en plus accepté, les musicos, même les auto-prod, peuvent s'en sortir très bien... »

Ce à quoi je répondrais: oui, mais non. C'est pas pareil. Le musicos, il peut faire des concerts pour grapiller quelques thunes. Alors qu'un écrivain qui décide d'aller déclamer son bouquin, ça ne remplit pas un Zénith (à part si vous vous appelez JK Rowling). Et puis il y a aussi un problème de volume. On peut consommer 15 morceaux de musique en une heure. Un livre de 300 pages, ça vous tient bien 10-12h. On n'a pas le temps d'en consommer autant. Forcément, on en achète moins. Si on ajoute à ça que le nombre de lecteurs est globalement inférieur à celui des écouteurs de musique, on en arrive à la conclusion… qu’on va tous mourir. Auteurs, libraires, éditeurs…

Tout ça pour dire... quoi, au fait? Qu'être écrivain numérique, c'est trop la misère? Bouh, qu'est-ce qu'on est malheureux, Hadopi viens à notre secours?

Non, même pas.

C'est un fait: il est plus difficile qu'avant (le web) de vivre de sa plume (sauf pour quelques rares adaptés à la télé). Mais ça n'empêche pas d'écrire. Ca prend peut-être plus de temps, parce qu'il faut continuer à assurer le quotidien, mais on finit par le sortir, ce nouveau tome, cette nouvelle histoire, celle pour laquelle on a sacrifié tellement d'heures de sommeil, mais tant pis, parce que de toute façon, on ne pouvait pas faire autrement. C'est bien ça, le drame: impossible de s'arrêter alors même qu'on a le nez dans le ruisseau.

Et c'est aussi ça, le petit miracle qui fait qu'on a encore des livres à lire.

Il est également trop tôt pour enterrer le livre physique. Ce bel objet aux couleurs chatoyantes qui se manipule avec tendresse.

Et moi je rêve de ce jour où les éditeurs comprendront que les lecteurs veulent acheter un contenu et pas un support, et que s'ils acceptent de payer un support physique qui a un coût de production, de stockage, de distribution, ils ne voient pas pourquoi ils paieraient en sus un epub qui a coûté un clic de souris et un pouième de watt pour être généré...

Et vive l'epub offert pour un livre physique acheté! Parce que je suis une lectrice avant d'être un auteur, cela me me permettrait de nourrir à la fois la liseuse que je vais finir par acquérir et ma bibliothèque que j'aime comme un tableau de maître qui serait accroché dans la plus belle pièce de la maison.

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Qu'est-ce que tu as à dire au futur Président?

Monsieur le futur Président,

je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si les 4,74 personnes censées nous séparer sur Facebook la font parvenir jusqu’à vous.

Je n’ai pas d’autre légitimité pour vous écrire que celle de 65 millions de Français – et cela est donc largement suffisant.

Donc, Monsieur le futur Président, quand vous serez élu :

- ne cherchez pas à montrer que vous êtes un homme comme les autres. Je n’ai pas envie que vous vous exprimiez comme mon voisin de palier – aussi respectable soit-il. Je me fiche de savoir ce que vous prenez au petit-déjeuner, les émissions de télé que vous regardez, si vous êtes plutôt slip ou caleçon. Je préfère que tous vos actes tendent à prouver que vous êtes le meilleur d’entre nous et que vous méritez le salaire que nous vous octroyons.

- ne remplacez pas la démocratie qui vous aura élu par une oligarchie où vous placeriez tous vos pions. Aucun camp n’a le monopole du mérite et vous n’avez pas à être l’homme d’un clan.

- ne méprisez pas les fonctionnaires, ceux qui se sont mis au service du pays, quelle qu’en soit la motivation. Une école, une justice, une sécurité, une santé, une administration communes font bien plus qu’un Gouvernement pour que l’on se sente appartenir à une nation.

- ne faites pas voter une loi à chaque nouveau fait divers, donnez plutôt à la justice le moyen d’appliquer rapidement celles qui existent. La compassion ou l'indignation ne doit pas empêcher de prendre le temps de la réflexion lorsqu’il s’agit de graver dans le marbre des textes qui régissent nos libertés.

- n’utilisez pas le prétexte de nos origines, de nos orientations sexuelles et de nos religions pour nous diviser – nous n’avons pas besoin de vous pour cela mais bien pour qu’elles ne soient jamais un handicap lorsqu’il s’agit pour chacun de trouver sa place dans la société.

- sachez juger qui de vos pairs méritent votre considération, vos actions envers d’autres chefs d’états, envers les autres nations, nous engagent tous ; faites que nous n’ayons jamais à en rougir.

- assurez-vous que chaque élu ait le temps de s’occuper de l’administration qui l’a choisi. La course aux mandats cumulables et à leurs gratifications est incompatible avec la qualité du service qui nous est due.

- soyez humble, n’oubliez jamais que vous nous devez le pouvoir considérable que vous détenez entre vos mains.

Si vous respectez ces quelques points, vous m’aurez rendu la fierté d’avoir rempli mon devoir de citoyen en glissant un bulletin de vote dans l’urne. Autrement, je n’aurai d’autre choix pour la retrouver que de me présenter moi-même à votre poste dans cinq ans.

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Qu'est-ce que tu fabriques à Las Vegas?

C’est effectivement une question que beaucoup de gens se posent, depuis 8 ans que j’effectue un pèlerinage quasi-annuel dans la Cité du Vice. Je lève donc le voile sur mes activités dans ce lieu controversé : je bois des mojitos glacés, je lézarde au bord d’une piscine multi-olympique, je crame mes droits d’auteur dans des machines à sous, je teste mes capacités de calcul mental sur des tables de blackjack, je sors dans des boîtes de nuit super chics vêtue d’une jupe super courte qui ne laisse rien ignorer du galbe de mon postérieur, je… Ok. En fait, je suis là pour bosser. (Et une seule des propositions précédentes est vraie). La ville-qui-sent-le-pop-corn accueille également une convention s’adressant aux professionnels de la vidéo. Une espèce de happening qui réunit plus de 70,000 techos dans une orgie de meetings commençant à 9h du matin et se terminant à 18h. La pause-déjeuner est optionnelle, voire mal vue. Avant ça, décalage horaire oblige (9h, quand même), on aura traité tous les mails de la journée française – le sommeil nous ayant fuit aux alentours de cinq heures du matin. Après, on s’assiéra autour d’un ordinateur pour faire le debrief de la journée américaine. Sur les coups des 20h, on ira faire du networking dans des soirées où l’on perdra la voix à force de crier dans l’oreille de son voisin. Minuit nous verra préparer les meetings du lendemain.

Vivent les journées qui durent dix-huit heures.

Au bout de 4 jours, on a juste envie de rentrer à la maison.

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Qu’est-ce que ça fait de donner des coups de hache dans le tome I de la Tentation ?

Ça défoule. Je précise qu’aucun arbre n’a été blessé durant l’opération, dont le périmètre est resté strictement circonscrit à mon Dell Latitude E2400. Le but de la démarche : alléger, fluidifier, simplifier, donner envie de dépasser le cap de la page 42. Un mur, cette page 42. Un endroit où tout peut brusquement s’arrêter, où se prend la décision de ne pas aller plus loin. Pourtant, au départ, on avait été intrigué par cette histoire de policier en képi qui se faisait avaler par le macadam. Mais là, à la page 42, on commence à se demander ce qu’il peut bien se passer de passionnant dans une prépa. Les plus persévérants franchissent le cap ; et là c’est gagné. Mais combien se sont arrêtés en chemin ?

Résultat des courses : 50 pages de moins, un final mieux amené, des explications moins compactes et une trame qui ne change pas – preuve que les 50 pages en question étaient loin d’être essentielles.

A ceux qui veulent (re)tenter l’aventure, la version dégraissée du mammouth peut migrer dans votre BAL sur simple demande.

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Quel est ton public cible ?

Soyons exacts ; il ne s’agit pas d’une question fréquemment posée, mais elle a le mérite de l’être par ces personnes qui seraient en mesure de changer la destinée de la Tentation : les Editeurs. Ces derniers étant des gens très occupés (notamment à se frayer un chemin parmi les 46 598 manuscrits qui encombrent leur couloir, les obligeant à user de la machette pour aller chercher chaque matin leur baguette de pain à la boulangerie du coin) je me suis dit que j’allais leur filer un coup de pouce. Déjà, je m’étais fendue d’une petite étude de marché pour évaluer mon volume de vente potentiel, au tout début de mon aventure littéraire. Alors je n’ai pas (encore ?) atteint le million de lecteurs espérés, mais j’ai tout de même pu tirer quelques tendances concernant mon lectorat, dont mon mode de promotion me rend forcément proche. Tendances que je vais vous faire partager ici.

  • Le sexe : il est résolument masculin. Preuve que des vrais gars peuvent s’identifier à un faux gars né de l’imagination d’une fille. Ou que mes encarts publicitaires sont situés dans des lieux de passage riches en testostérone. Je détecte en tout cas, de ce côté-là, un certain potentiel de croissance. Vais peut-être aller poser mon tabouret et mon porte-voix du côté des forums pour nanas, moi…
  • Age : un pic chez les 25-30 ans, avec tout de même des extrêmes à 15 et 80 ans. Et deux frémissements supplémentaires, chez les 18-20 ans – vive le bac ! et chez les soixantenaires – vive la retraite !
  • Catégorie socioprofessionnelle : pas de surprise de ce côté-là, la Tentation est une œuvre qui plaît aux profs et aux élèves. Mais pas seulement ceux qui font une prépa ! Et pour moi, ça, c’est un pari gagné.
  • Géographie : est-ce dû à mon illustrateur et à ses racines enfoncées dans le plat pays qui est le sien ? Le fait est que la Belgique est surreprésentée dans mon lectorat, qui s’étend aussi jusqu’en Suisse, au Canada et au Maghreb. Je suis déjà internationale ! Peut-être mériterais-je une subvention au titre de la promotion de la francophonie ? Si un ministre m’écoute et veut me récompenser pour services rendus, je suis prête à lui envoyer un RIB ou mes coordonnées Paypal. Je suis récupérable.

Voilà, Editeur de passage, ce que je peux te dire concernant ma cible. Mais si tu connais le monde du livre comme peut le connaître un professionnel qui côtoie des auteurs, que tu en es peut-être d’ailleurs un toi-même, tu dois savoir que l’on n’écrit pas pour une cible. Elle se dessine d'elle-même, pour peu que l’on laisse à une œuvre la chance de l’atteindre. Et c’est là que je te propose mon aide pour devenir riche à millions. 🙂

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Qu’est-ce que ça fait de se prendre son premier plomb ?

Alors je rassure tout de suite ceux qui penseraient que l’amie des bêtes que je suis a croisé un mauvais chasseur. Non, mon intégrité physique est intacte. Le plomb dont je parle est purement e-pistolaire. Faut dire que je l’ai un peu cherché, aussi : j’ai envoyé la Tentation (plus exactement les 3 premiers chapitres et un synopsis détaillé) à un éditeur potentiel. Bon, ce n’est pas la première fois, mais en général, je m’en tire avec un message qui visiblement n’a pas été composé à ma seule intention (à deux exceptions près lisibles sur la 4ème de couv’ d’Opération Platypus). Là, mon interlocuteur a pris la peine de me répondre. Deux fois. La première pour me dire de façon plutôt amicale que pour la Tentation, ça ne le ferait pas pour cause de non adhésion à l’univers, mais que si j’avais autre chose en stock, il accepterait de jeter un coup d’œil. Je lui ai répondu (de manière tout aussi amicale, de toute façon, je ne sais pas faire autrement) que ben non, ce que j’avais en stock, ça le ferait encore moins (des nouvelles à caractère mathématiques et des écrits d’adolescente dépressive) mais que s’il voulait bien attendre deux ans que j’en ai fini avec Peter Agor, on pourrait rediscuter. Ça aurait pu en rester là si je n’avais pas, dans un bref accès de communicationite aiguë, eu la mauvaise idée d’envoyer, trois jours plus tard, un coucou-joyeux-noël accompagné d’un chapitre supplémentaire du tome I. Et c’est là que je me le suis pris, ce fameux plomb. Je n’ai pas demandé à l’auteur du scud en question l’autorisation de le citer, donc je n’en ferai rien. Mais c’était suffisamment violent pour que je puisse vous dire, à vous mes lecteurs, que vous avez des goûts de cabinet. Un cabinet où, en plus, on se fait royalement ch…. Ce n’est pas forcément malvenu dans ce type d’endroit, me direz-vous, mais là n’est pas mon propos. Bref, pour citer le type de Canal que je révère pour avoir réussi à faire fortune avec son style, je me suis pris un sacré coup de la latte dans les c… (que je n’ai pas. Mais là non plus, ce n’est pas le propos). Je me serais sans doute éclipsé sur la pointe des pieds en m’excusant pour la dérange si dans son mail, l’éditeur potentiel n’ajoutait pas quelque chose qui a fait s’afficher toute une série de points d’interrogation autour de ma tête, façon manga. Il pense que j’ai du talent. Malgré mes histoires qui n’intéressent personne et mon style pompeux, ennuyeux et rigolard comme un vieux cousin bourré à un mariage (mince, je l’ai cité. Vous pensez qu’il m’en voudra ?). Du talent, donc. C’est la première fois qu’une personne un peu autorisée me balance ça. Et à vrai dire, je ne sais pas trop quoi en faire. Et même, ça m’embête un peu. Parce que d’une certaine façon, j’ai l’impression que j’ai le choix. Entre continuer mon bonhomme de chemin, bordé d’un côté par un boulot que j’aime et de l’autre par la Tentation où je m’éclate en amateur, et bifurquer complètement vers des horizons insoupçonnés. Un peu comme quand, à dix-huit ans, j’ai voulu faire littéraire et que mes parents m’ont dit : « tu rigoles, ou quoi ? Obtiens ton diplôme d’ingénieur et constitue un patrimoine pour assurer ta retraite d’abord ». Et à l’époque, j’ai obéi.

J’ai peut-être tort, mais après avoir gambergé sur les paroles de l’éditeur potentiel, j’ai fini par penser qu’il pouvait être de la race des Niclaus Zarkowsky (ou plutôt, de celle de mon prof de Math Sup qui lui a servi de modèle). Du genre à filer des coups de pied au derrière pour le bien des gens.

Seulement, c’est à moi de décider où est mon bien.

Et même s’il doit m’en coûter une vie plus excitante, et peut-être la légitimité et la reconnaissance qui l’auraient accompagnée, j’ai décidé que mon bien passerait d’abord par la Tentation.

Donc rendez-vous à l’année prochaine pour le tome 7 🙂

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Pourquoi les pdf que j’ai achetés sur lulu.com ne sont-ils plus disponibles dans ma liste de téléchargements ?

Ah, voilà une question qui a le mérite d’avoir toute sa place dans une FAQ. On dirait une vraie. Alors : notre ami lulu a décidé de migrer de façon autoritaire tous les livres anciennement disponibles en téléchargement au format pdf, en e-book. Cela a des avantages certains pour le lecteur consommateur (compatibilité avec les lecteurs modernes, préservation de la vue, possibilité de frimer avec son iPad ou son Kindle) et pour l’auteur (DRM, même si personnellement, je m’en fous). Mais les pdf de l’ancien temps ont tout bonnement disparu de la circulation. Donc si vous n’avez pas pensé à les sauvegarder après leur téléchargement, je m’engage, là, ici même, sur l’honneur, à vous les retransmettre sur simple demande. Oui, je suis quelqu’un de très sympa.

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Qu’est-ce que ça fait de revenir sur les lieux du crime ?

Ça fait dire que, curieusement, tout est différent sans que rien n’ait vraiment changé. Le kebab vend toujours des kebabs, l’italien des panini tomate-mozza, la crêperie des galettes vaguement bretonnes – mais les enseignes ont dû tourner trois ou quatre fois pendant les quinze ans qui me séparent de ma dernière visite officielle, quand j’avais encore le statut « d’étudiante du Quartier Latin ». La boutique de jeux de société, de cartes et de comics qui m’incitait à dépenser un temps et un argent que je n’avais pas, est, elle aussi, encore là. Et puis il y a le lycée. Ses murs bien connus, ses escaliers aux rampes lisses, ses couloirs, que je ne sais toujours pas arpenter sans ressentir la pointe de stress qui m’a accompagnée pendant toutes mes années de prépa. Les étudiants me paraissent tellement jeunes que ça me fiche un coup de cafard. Devant une salle, une jeune fille, des écouteurs dans les oreilles. Sa musique numérique se dévide sans accroc alors que la mienne modulait étrangement avec les piles de mon walkman. Dans la classe d’informatique, des Macs flambant neufs ont remplacé les stations d’antan. Je n’ose demander si on y fait encore du Pascal. Des tableaux noirs ornent toujours  les salles de cours mais goûtent de moins en moins la poussière de la craie, attendant que les vidéoprojecteurs finissent d’en faire les symboles d’un autre siècle. Les profs, enfin. A part celui qui me guide, je n’en connais plus aucun – tout juste vais-je recroiser un prof de SI dont je préfère qu’il ne se souvienne pas de moi et de mon incapacité absolue à visualiser en 3D. Certains sont à la retraite, d’autres ont changé de point d’ancrage, les derniers, ceux dont personne n’a plus de nouvelles, ont peut-être définitivement largué les amarres. En sortant de là, je retrouve des automatismes oubliés, le chemin vers le métro qui me ramène à la maison, alors que j’avais hésité en arrivant. La mémoire est comme un muscle qui fond si on ne l’utilise pas. Je remercie M. FD de m’avoir ouvert les portes du temps.

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Pourquoi le tome I est-il devenu payant?

Depuis aujourd’hui, le tome I de la Tentation n’est plus en téléchargement gratuit sur lulu.com. Il s’affiche désormais au prix (certes modique mais assurément non nul) de 2,99€. Mais que se passe-t-il ? Le monstre rampant et légèrement baveux du capitalisme aurait-il définitivement mis sa main griffue et pleine de poils sur Peter Agor (et son humble auteur) ? Pas tout à fait. Je vous explique : jusqu’à il y a quelques temps, lulu.com permettait de connaitre le nombre de téléchargements d’une œuvre gratuite à partir de son site. Ce qui était fort utile pour mesurer l’impact d’une campagne marketing (en gros, l’intérêt d’aller faire le zouave sur une radio, de poster des jolis dessins - qu’on n’a même pas faits - sur des forums, d’offrir des pintes de bière – ce qui rend de toute façon le bénéfice de l’opération nul, mais c’est pas grave, tant qu’on passe un bon moment… Bref). Or donc, cette information a disparu du tableau de bord de lulu, qui ne prend plus en compte que les seuls contenus payants. Diantre, me dis-je, je pourrais contrecarrer leurs vils desseins en fixant à un cent symbolique le prix du tome I. Oui mais non. Ce n’est pas possible. Une règle abstruse m’oblige à fixer un prix minimum pour mon contenu. Ainsi soit-il, m’ajoutai-je in petto, le tome I n’ayant pas moins de valeur que les autres, qu’il ait le même prix. Sauf que : je crois toujours que l’accès à ce tome doit rester gratuit, pour que le lecteur potentiel puisse se faire une idée de la chose (et mette avec joie la main au portefeuille pour se procurer les suivants). En attendant que je trouve le temps d’ajouter un formulaire de téléchargement avec compteur sur mon site (et il n’est pas exclu que ce temps-là soit de l’ordre de l’infini), l’accès gratuit au tome I reste possible par la voie dite manuelle : un message via mon formulaire de contact sur www.kylieravera.fr, un MP, ou tout autre moyen que vous trouverez pour me transmettre votre demande (du moment qu’il y a votre adresse mail pour que je puisse vous répondre). Nous ne sommes pas obligés de communiquer. Un message vide me suffira. Je comprendrai. Et la loi m’empêchera d’utiliser vos adresses mails pour vous vendre du viagra (ou de vous harceler de quelque façon que ce soit). Si je n’ai pas réussi à dissiper vos craintes et que vous préférez rester un lecteur anonyme – il vous en coûtera désormais 2,99€.

Sometimes, life sucks, comme disait le poète.

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