
Je suis entrée en fantasy par la grande porte du Seigneur des Anneaux. 3 gros tomes empruntés à la bibliothèque municipale d'Antony quand j'avais 16 ans et qui m'ont nourrie pendant que je me remettais d'une quadruple extraction de dents de sagesse (en mode hamster). J'ai vu les paysages de la Terre du Milieu défiler beaucoup plus vite que les pages, j'ai vécu les péripéties avec les personnages, découvert le bestiaire fantastique qui fait encore référence aujourd'hui et j'ai terminé la trilogie en ayant l'impression d'avoir fait partie de la Compagnie de l'anneau.

Quelques années plus tard, j'ai lu la série de l'Assassin Royal, avec une vision beaucoup plus intimiste et un monde d'une richesse extraordinaire qui était parvenu à inventer quelque chose de complètement nouveau. Le lien de Fitz avec son loup m'a durablement marquée, le personnage du Fou a été une révélation et toute la série des Aventuriers de la mer avec Althéa aux commandes, une prolongation parfaite de cette immersion.

Après, j'ai fait les choses dans le désordre, puisque j'ai découvert la fantasy complètement barrée de Catherine Dufour avec ses Dieux qui buvaient avant de tomber en amour devant Pratchett et son Disque-monde.

Là, c'est vraiment l'écriture pleine d'humour, de jeux de mots et de trouvailles malines qui m'ont fait pousser des petits cris d'enthousiasme, et j'ai vu de nouvelles façons de faire du world building en s'appuyant sur des concepts existants, quitte à les détourner, voire les dynamiter. Dans le cas de C. Dufour, en profiter au passage pour glisser un message politique a été un ajout apprécié.

Plus récemment, j'ai expérimenté la cozy fantasy toute douce avec Légendes et Lattes, même si on y était déjà un peu avec Pratchett. J'adore franchement le pitch : une guerrière orc qui se range des combats pour... ouvrir un café - dans un petit village peuplé de créatures telles que des ratkins, des elfes ou des succubes. C'est à lire au coin du feu avec un plaid sur les genoux, un chocolat chaud dans une main et un chat qui ronronne à ses pieds.

Une dernière lecture de fantasy récente : L'ensorceleur des choses menues, de Régis Goddyn, moins délicate que ce que son nom laisse entendre, et qui m'a sortie de ma zone de confort en adoptant le point de vue d'un héros pas commun - un vieil ensorceleur aux petits pouvoirs qui se lance dans une quête aux côtés d'une jeune femme à la recherche de son amour perdu. C'est plein de surprises, avec une réappropriation de thèmes que l'on retrouve classiquement dans les romans "avec de la magie dedans".
Qu'est-ce que La geste improvisée du chevalier Anowan emprunte à des références aussi différentes ?
Vous vous doutiez bien que vous n'obtiendriez pas de réponse ici 🙂
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