C'est qui, ton public cible avec La geste improvisée du chevalier Anowan ?

Tout comme les shampoings pour cheveux secs, rêches et rebelles, le livre est un produit dont il est important d'identifier les user persona. Ce concept marketing dûment éprouvé permet de dresser le portrait-type du consommateur idéal, celui qui aura le plus de chances de se montrer satisfait du produit, au point d'en devenir l'ambassadeur capable d'en faire la promotion auprès de ses pairs - pour la plus grande joie du producteur n'ayant plus qu'à croiser les bras en attendant la pluie de commandes qui lui permettra in fine de se payer une retraite dorée aux Seychelles.

Car tout comme les possesseurs de cheveux gras, collants et lisses risquent de se montrer déçus par l'application d'un shampoing pour cheveux secs, rêches et rebelles, un lecteur mal aiguillé sur un roman risque d'en faire une mauvaise publicité, et ce faisant, d'en détourner d'autres à qui il aurait pu plaire, si jamais sa critique n'a pas le bon goût d'être un peu argumentée (exemple non exhaustif à titre d'illustration: "C'est nul").

Pour éviter un tel désagrément, et avec le recul que permettent les sept semaines qui se sont écoulées depuis le lancement de La geste, voici ce qu'une étude approfondie usant du protocole Allalouche d'Apeupré sur Echantillon Pas Représentatif nous permet de déduire concernant les lecteurs cibles du roman.

  • Amateur de fantasy... mais pas que

Sans doute parce que c'est de la fantasy... mais pas que. Il faut réussir à ne pas se laisser sortir de la lecture de la trame principale par ces interruptions qui commentent, disgressent, dissertent sur le pourquoi du comment - un peu à la façon d'un Princess Bride. Mais pour apprécier, il est tout de même préférable d'avoir une petite connaissance des poncifs du genre, qu'on y adhère ou pas d'ailleurs.

  • Grenouilleur dans le milieu du livre

Le roman compte déjà une bonne proportion de lecteurs qui arborent une casquette d'auteur, de libraire, de bibliothécaire ou d'éditeur (y compris ceux qui ont refusé de le publier dans leur maison, ça n'empêche pas d'apprécier, la "ligne éditoriale" n'est pas qu'un prétexte pour dire qu'on n'a pas aimé...). Sans doute parce qu'ils se rendent compte que le livre parle aussi d'eux et qu'ils en sont d'une certaine façon les héros cachés.

  • Amateur de pop culture avec des morceaux de geek dedans

Oui il y a des refs. On peut ne pas les chopper, il se trouve que moi-même je ne les avais pas toutes, mais ça fait plaisir quand on les attrape - comme avec les Pokémons.

  • Lecteur de La tentation de la pseudo-réciproque

A priori, vous n'êtes pas perdus malgré le changement d'univers, mon staïle chargé en propositions conjonctives et en adverbes en -ment ne vous fait toujours pas fuir. Si je pouvais remettre la main sur ce lectorat accumulé pendant 15 ans et qui a déserté (pour d'excellentes raisons) les réseaux sociaux où nous étions en relation, j'imagine que mon éditeur s'en montrerait ravi.

  • Membre francophone de ma famille

Merci à vous.


Si on cherche à recouper tous ces critères et à évaluer le cardinal de l'ensemble obtenu, on arrive au chiffre de 0 (ou de 1 en me comptant, j'appartiens à mon public-cible \o/). Mais ce n'est pas bien grave puisqu'il suffit de cocher l'une des cases pour être admis au club.

Et si vous n'en cochez aucune, je compte sur vous pour démontrer à la face du monde en lisant et en appréciant mon roman que ces histoires de user persona, c'est rien que des conneries de marketeux de mes deux reins.

Les livres ne sont pas des shampoings.

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