C'est comment, "Un roman à succès sur papier recyclé" ?

C'est nul.

Photo non contractuelle réalisée sans Intelligence (artificielle ou non)

Je pourrais arrêter là cette chronique dont le contenu est déjà plus riche que celui du livre en question, mais la Bulgarie a remporté l'Eurovision, alors je vais me dévouer pour développer ce propos.

Déjà, il y a tromperie sur la marchandise, et ce pour plusieurs raisons.

  • Il ne s'agit pas d'une autobiographie de Vianney, et ce n'est qu'après avoir tourné bien trop de pages que le lecteur appâté s'en rend compte - trop tard pour les 7€ dépensés et assignés au budget "Tourne tourne dans ma tête" sur mon compte BNP-Paribas1.
  • Contrairement à ce qu'affirme Madame Laura Felpin, la meilleure page n'est pas la 117 mais la 195 (sans doute parce qu'elle a le bon goût de ne pas exister). Note: j'ai d'ailleurs dû googler Laura Felpin pour savoir qui était cette dame à l'avis aussi péremptoire, je la remets vaguement, j'ai dû la voir dans une série quelconque... Bref.
  • Ce n'est pas Jenny Letellier qui a écrit la préface qui lui est attribuée, mais Victor Hugo - faites vos propres recherches, il y a des indices pour qui sait lire entre les lignes (je me comprends).

  • Contrairement à ce que son titre affirme, ce roman n'a pas du tout été /balise_spoiler_on imprimé sur papier recyclé /balise_spoiler_off et malgré l'aveu qui en est fait à la toute dernière page, l'écologiste engagée en moi (en tout bien tout honneur) a déposé plainte auprès de la DGCCRF - numéro de dossier AK47 - parce que c'est en commençant à faire n'importe quoi qu'on finit par faire n'importe quoi.

  • Plus grave: les meilleures parties de cette prose sont rédigées sous formes de notes éparses en taille de police 7, et il n'est nullement spécifié que cette version poche n'est pas adaptée aux presbytes non munis de lunettes adéquates. Bravo l'inclusivité, on est en 2026, je rappelle.
  • Plus grave encore: sous couvert de la relation d'une innocente bluette (mais nous y reviendrons plus tard), ce livre est en réalité un brûlot politique qui donne la parole en préface à un certain Philippe Poutou dont les positions dangereuses et pour le moins controversées concernant les Grands Qui Nous Gouvernent Et Dont Nous Dépendons sont largement connues et documentées (à moins qu'il ne s'agisse d'un homonyme, auquel cas, je retire mon propos).

Nous sommes à présent plus tard - soit le bon moment pour parler du fond qu'une coïncidence cocasse nous fait toucher ici même (que le lecteur me pardonne ce bon mot pas terrible).

L'intrigue tient sur un papier de cigarette fumée puis ramassée par un clodo et refumée: \balise_spoiler_on un homme attend une femme \balise_spoiler_off.

Mais n'est pas Beckett qui veut, et au mépris de toute inspiration, contrairement à Godot2, \balise_spoiler_on la femme finit par arriver \balise_spoiler_off.

Alors j'entends. Le nihilisme et l'absurdité comme quintessence de notre époque au passé troublé et à l'avenir incertain érigés comme clé de voûte d'une narration faussement audacieuse qui contiendrait en elle les racines du pêcher originel, la connaissance étant symbolisée par le filet de tennis qui gratte la raie des fesses, même si ce détail anatomique, sans doute pour des raisons de classification tout public, n'est pas mentionné, n'est pas inintéressant. Mais le tout se perd dans des considérations oiseuses de mâle lambda en mode "comment je vais la pécho". 2026, je vous rappelle. Tout ceci était déjà navrant en 1992.

La malaisance atteint son comble quand le livre évite de parler des vrais sujets qui auraient éventuellement pu mériter tout cet encre et ce papier, comme la présence anonyme de Jérémie Crépul à Mouais le 24 mars 2023 à minuit quarante-sept, là où bizarrement, le lendemain, il ne s'est rien passé.

Aussi, il y a une faute d'orthographe en page 179.

Pour conclure, je précise que je n'irai pas voir l'adaptation au cinéma d'Un roman par Quentin Dupieux avec Kristen Stewart dans le rôle titre- celui de la \balise_spoiler_on planche à voile \balise_spoiler_off.

Pour finir de conclure, je dirais que je vous conseille d'acheter ce roman pour contribuer au cycle du livre. Vous n'êtes pas obligé de le lire3.

Pour finir de finir de conclure, j'ai dressé un tableau comparatif entre mon roman paru aux éditions Paul&Mike et Un roman paru aux éditions J'ai lu (et oui, nous n'avons pas la même valeur), comparatif basé sur des faits objectifs et vérifiables, afin que vous puissiez vous faire votre propre idée sur qui, en réalité, méritait de remporter le concours de l'Eurovision cette année.

La geste improvisée du chevalier AnowanUn roman à succès sur papier recyclé
Durée de lecture6 heures10 minutes
Durée de l'intriguePlusieurs mois10 secondes
Prix / page utile7 cts20 cts
Nombre de préfaces015,54
Nombre de préfaces par des gens un peu connus035
GenreFantasyNon
CarteRoadmap1
  1. Sponsor officiel de cette critique, voir conditions en pièce jointe, sans obligation d'achat ↩︎
  2. Ah, merde, je crois que j'ai spoilé Godot... ↩︎
  3. En vrai, c'est vachement drôle, lisez-le, vraiment ↩︎
  4. J'ai tergiversé et finalement accordé 0,5 points à la préface de Monsieur Alain Badillet ↩︎
  5. Allez-y, battez-vous ↩︎

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