Ça fait rencontrer des gens.
J’étais ce dimanche 31 mai, lendemain de la victoire du PSG sur Arsenal en ligue des champions (aucun rapport avec ce qui va suivre, rassurez-vous, je pose ça là comme une balise temporelle) au Salon du livre de Montargis, pour ma première séance de dédicace en salon.

Et, donc, j’ai rencontré des gens.
Des lecteurs qui ne sont au départ que potentiels, et dont on essaye d’abord de capter le regard quand ils s’aventurent à proximité de votre stand, avec un bonjour délivré sur un ton capable de les faire lever les yeux, et, peut-être, d'initier un échange de sourire avec eux.
Ensuite, une question d’accroche est nécessaire, celle qui permettra de jauger si ce premier sourire peut mener à une discussion à propos du livre – c’est là que tout se joue.
Il faut comprendre en quelques secondes à qui on a affaire: un timide, une curieuse, un qui-passait-par-là-mais-ne-lit-pas, une qui-passait-par-là-mais-ne-lit-pas-de-fantasy-dommage, un qui veut parler de lui, une qui veut parler de ce qu’elle écrit, un amateur exclusif d’essais sur l’art gothique ou une fan venue juste pour vous afin de décrocher une dédicace qu’elle chérira toute sa vie comme son bien le plus précieux (ce dernier cas, me concernant, ne s’étant pas encore produit). Et à partir de là, on adapte le pitch : roman de fantasy, mais pas vraiment, avec de l’aventure et des complots, du métatextuel qui conviendra très bien à une prof de français, des bouts de JDR pour adepte de D&D, des morceaux de romance, ça a plu à ma belle-mère, ma lectrice la plus âgée a quatre-vingt-cinq ans, c’est lisible à partir de quinze.
Alors même si j’ai sans doute gagné des points de compétence en analyse psychologique de mon prochain, ce n’est pas une science exacte - j’ai plus d’une fois raté ma cible. Mais c’est en pitchant qu’on devient pitcheur, et pour peu qu’on aime échanger avec des gens, c’est un exercice qui s’avère très plaisant.
Evidemment, « l’expérience-salon » est très différente pour ces auteurs/autrices à la fanbase bien établie – qui doivent surtout gérer les compliments.
Ainsi, à ma droite, il y avait Georgia Caldera, autrice spécialisée en new romance, dont le stand n’a quasiment pas désempli, et qui m’a permis d’être témoin de véritables déclarations d’amour de la part de lectrices (le féminin ici est réellement illustratif) que le genre a ancré dans la lecture.
À ma gauche, encore une autrice au lectorat solide, Laurie Heyme, et une très sympathique rencontre de ce salon – j’ai beaucoup appris en l’écoutant et en observant sa façon d’aller vers les autres, d’engager intelligemment la conversation, de répondre avec chaleur et de prendre l’émotion qui lui était offerte en retour.
Un peu plus loin, il y avait H. Lenoir, Reine de l’Ouest mais pas seulement, j’espère avoir réussi à noter dans un coin de ma tête tous ses conseils – j’ai eu l’impression à un moment que la moitié des visiteurs du salon se baladaient avec un de ses livres à la main. (Je kiffe son t-shirt, on aura l’occasion d’en reparler ^^).
Après une quinzaine de pitchs, je suis repartie avec cinq exemplaires de La geste en moins et l’espoir qu’ils seront lus, puis qu’ils donneront envie à leurs lecteurs d’en offrir à tous leurs potes avant d'enchainer en décembre sur le tome 2!
(Quelques photos illustratives pour terminer.)









Et en bonus: une nouvelle qui aurait pu être inspirée par cette expérience si elle n'avait pas été écrite avant ^_^: Un pas plus loin.

